Senouillac retrouve son boulanger

Lieu :
Sénouillac

"Ouf". Soulagé Bernard Ferret, le maire de la petite commune de Senouillac située à quelques lieues de Gaillac au sein de Gaillac | Graulhet agglomération. Ses administrés n'auront plus à prendre la voiture pour acheter du pain. Après sept mois d'attente, la boulangerie va rouvrir ses portes le 1er octobre 2019.

"C'est une bonne chose. On a besoin de commerces pour dynamiser le bourg. On a l'école avec 100 enfants, une agence postale, un cabinet médical. Et enfin, on va retrouver notre boulangerie". Oui… enfin. Car la première expérience s'est plutôt mal terminée.

"C'était une erreur de casting" soupire l'élu. "Ça été un peu compliqué. Notre ancien boulanger qui venait de s'installer n'a pas su trouver sa clientèle et a fait faillite" rappelle le premier magistrat. L'artisan lui, a accusé la municipalité de ne pas jouer le jeu. Un conflit qui s'est terminé à l'instant où il a rendu les clés. "C'est un gros investissement que l'on a réalisé avec l'appui de l'ensemble des collectivités. Heureusement, nous avons retrouvé les locaux en bon état. Maintenant, il faut penser à autre chose, tourner la page et avancer".

"J'ai décidé de me lancer dans l'aventure. Les locaux sont de très bonnes qualités et le secteur passant. Je suis sûr que mon commerce va bien fonctionner". Ces quelques mots viennent de Jimmy Marlette, artisan boulanger qui n'est pas un novice dans le métier. Après avoir monté une entreprise de boulange en Champagne-Ardenne, il est venu s'installer dans la région d'abord à Tessionnères, puis à Brens où il était salarié. "J'ai trouvé l'idée intéressante de reprendre ce commerce. L'étude de marché est bonne. L'accueil des gens qui ont vu que j'allais ouvrir est sympathique. Tous les voyants sont au vert" résume le futur gérant de la Boulangerie de Loona. "C'est le prénom de ma fille. Il vaut mieux pas que je ne me plante pas, sinon, elle risque de m'en vouloir un moment" rigole Jimmy.

Plus sérieusement, tout est prêt pour le 1er octobre ? "Je fais les derniers tests de farine, pour arriver au meilleur pain possible. Pour l'instant je ne vais pas faire de tournée. Trop compliqué quand on est seul. Par contre, si un épicier ambulant veut distribuer mes baguettes dans les campagnes, je suis preneur".

Le maire savoure. "C'est important, vous savez un commerce de proximité, dans une commune de 1.200 habitants". "Et d'autres projets pourraient voir le jour" renchérit le boulanger. "Puisqu'il en parle" réplique le maire. "Nous avons organisé des débats citoyens, pour parler de l'avenir de notre commune. Et il est ressorti l'envie de créer un café associatif. Des gens sont motivés pour s'en occuper. Alors pourquoi pas une ouverture rapide".

À quelques dizaines de mètres de là, on ferait la route centrale du bourg. "On a aussi en projet la construction d'un city park, un jardin d'enfants, la rénovation du terrain de pétanque. Il faut investir pour proposer de meilleures installations possibles à la population" conclut le maire. Et tout cela pourra se faire en humant la bonne odeur d'un croissant tout chaud.

Il y a sept mois, l'affaire avait fait grand bruit dans les rues de Senouillac. La mairie s'était lancée dans la construction d'un local pour accueillir une boulangerie et dynamiser la commune. Une bien belle idée qui a tourné au vinaigre au bout de quelque temps. Le boulanger s'est retrouvé dans une situation financière critique, mettant la clé sous la porte et accusant la municipalité de ne pas jouer le jeu. Aujourd'hui, c'est du passé. Le maire a retrouvé le sourire avec l'arrivée d'un nouvel artisan qui ouvre ses portes le 1er octobre 2019.

Damien Ginestet-Cros : "Notre plus grosse concurrence, ce sont les boulangeries industrielles"

Damien Ginestet-Cros est le président départemental de la Fédération des artisans boulangers-pâtissiers. Par sa fonction, il connaît parfaitement les évolutions de la boulange dans le Tarn.

"À la Fédération, nous apportons notre aide à nos nouveaux adhérents qui veulent s'installer. On les aiguille pour tous les papiers administratifs, mais aussi pour l'installation commerciale. On leur apporte notre expérience, votre savoir-faire sur nos produits, notre vécu avec la clientèle, en sachant que nous sommes tous artisans boulanger".

Comment se porte la boulange dans le Tarn ?

"Dans les campagnes, on résiste bien. Les gens aiment leur boulangerie de village. C'est un commerce de proximité important où l'on n'a pas besoin de faire des kilomètres en voiture pour acheter sa baguette quotidienne".

Et en ville ? "Les boulangeries de centre-ville fonctionnent. Là aussi, la proximité avec une clientèle qui se déplace à pied permet de bien s'en sortir. C'est plus compliqué pour les commerces qui ont choisi de s'installer en périphérie des villes".

Le problème ? "L'arrivée en masse des boulangeries industrielles qui débarquent avec leur puissance financière, et propose du pain chaud à n'importe quelle heure de la journée à des prix défiant toute concurrence. Ils paient les mêmes charges que nous, mais achète en gros les matières premières. Du coup, ils ont des prix d'achat 50% moins chers que nous. À ce prix, ils peuvent proposer trois baguettes achetées pour une offerte" confirme le président.

"Ceux qui sont proches de ces boulangeries industrielles ont dû mal à survivre. Pour les autres, il faut avouer que la boulangerie tarnaise se porte plutôt bien".

 

Source : la Dépêche du Midi - Lire l'article en ligne ici.

Illustration ci-dessous : Bernard Ferret, maire de Senouillac et le nouveau gérant de la boulangerie, Jimmy Marlette.





Typologie d'actualité
Entreprises Agglo Gaillac | Graulhet
Domaine
Entreprises
Date
jeudi, 3 octobre 2019
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