A Rabastens, les nouveaux pensionnaires du Pré Vert sont arrivés

Lieu :
Rabastens

"Je suis désolé mais j’ai yoga". Sonia ferme en vitesse son atelier de couture du premier étage pour rejoindre le rez-de-chaussée par le grand escalier. C’est là que se déroule son cours. Elle y retrouve quelques membres du Pré Vert. Il en est ainsi dans ce tiers lieu situé au cœur de Rabastens.

L’hôtel du Pré Vert fait partie de l’histoire comme l’ont démontré les Journées du Patrimoine 2019, où l’ouverture au public du bâtiment a fait carton plein. "Le Pré Vert, je venais avec mon grand-père y manger", se remémore Agnès, traductrice et membre de l'association la Locale, l’association à l’origine du projet.

Une nouvelle vie pour cette batisse emblématique du Rabastinois

Désormais, l’ancien hôtel accueille une quarantaine de personnes issue de différents horizons. Beaucoup sont arrivées de Toulouse ces dernières années pour trouver un nouveau confort de vie. Ils sont travailleurs indépendants dans le milieu artistique, le graphisme, l’informatique ; d’autres sont artisans. Tous ont signé une convention avec La Locale, l’association d’entrepreneurs à l’origine du projet pour occuper l’une des chambres de l’hôtel transformées en bureau. Chacun a mis la main à la pâte. Certains, dès la naissance du projet en septembre 2018, date à laquelle on leur a confié les clés de l’hôtel. Il était alors en piteux état. Il a fallu nettoyer le jardin et surtout remettre à neuf le rez-de-chaussée tout en conservant l’originalité du lieu.

Le rez-de-chaussée abrite l’espace coworking. "Nous avons 11 postes à disposition", indique Nathalie Malaterre, l‘une des chevilles ouvrières du Pré Vert. 27 abonnés l’utilisent à la journée ou à la demi-journée. Une autre salle sert de lieu d’exposition. C’est l’autre particularité du tiers lieu le Pré Vert. Outre les activités économiques de ses membres, il propose de nombreuses activités culturelles pour tous.

Lorsqu’il s’est agi de trouver les financements (50.000 euros) pour réaliser les travaux, la Locale a pu s’appuyer sur les concerts organisés dans le cadre de "Dimanche au Pré" en sus d’une campagne de dons. "Ces rendez-vous ont très bien fonctionné", se remémore Agnès. "L’important était de faire venir les gens dans le lieu."

À l’image des journées du patrimoine, la nouvelle vie de l’hôtel a intéressé les Rabastinois. Les anciens portent peut-être un autre regard sur ces nouveaux Rabastinois installés depuis quelques années sur la commune. Le Pré Vert est bien ancré sur le territoire et les élus, après quelques réserves, regardent d’un œil attentif son développement. L’objectif est maintenant de le pérenniser dans le temps.

La Locale à l’origine du projet

La Locale est une association loi 1901 gérée en collectif. La Locale se veut actrice, lien et moteur, au sein du Rabastinois dans les domaines de l’entrepreneuriat économique, social et culturel.

La Locale a été créée dans le but de poursuivre la dynamique enclenchée en novembre 2017 lors de la Fête de l’Economie Locale de Rabastens et Couffouleux. L’idée de ce tiers lieu était d’avoir "un endroit structurant qui rassemble le social, l’économique et le culturel".

Un tiers lieu, c’est quoi

Un tiers lieu peut être défini comme un espace physique de rencontres entre personnes et compétences variées, qui n’ont pas forcément vocation à se croiser. Un espace partagé dédié aux nouvelles formes de travail et de vie professionnelle. Le tiers lieu associe souvent le numérique aux secteurs traditionnels de l’économie par le biais d’un espace coworking.

Dans le Tarn, le réseau cowork’in Tarn relie les différents tiers lieux du département. Ils sont souvent adossés à des collectivités locales et situés notamment à Gaillac avec La grappe by Granilia, à Castres ou Albi. 7 tiers lieux sont actuellement comptabilisés. Le Pré Vert serait le huitième de la liste avec un ancrage associatif et rural.

Le Pré Vert

Portraits d'utilisateurs / Zooms sur...

... Sébastien Goethals, le dessinateur de la bande

Penché sur sa planche à dessin, Sébastien met les dernières touches à sa prochaine BD. Le dessinateur du Pré Vert s’est installé à Rabastens en 2018 en provenance de Toulouse. "J’avais envie de consommer la culture autrement. Le souhait de devenir un acteur culturel associatif, faire partie d’une communauté. J’ai travaillé chez moi pendant dix ans et je n’en veux plus. La solitude est un peu étouffante".

Sébastien a gardé un pied à Toulouse. "J’ai encore un atelier là-bas avec uniquement des auteurs de BD. Je suis ici à mi-temps. Au Pré Vert, on baigne dans une diversité qui me sort de mon milieu. En tant qu’auteur, on peut vite perdre de vue les choses importantes. J’ai besoin d’être au milieu des gens. Le Pré Vert est un lieu idéal où les personnalités peuvent s’exprimer mais dans un esprit de groupe. C’est l’idée même du tiers lieu".

... Julie, de la production à l’illustration

Installée dans la salle de coworking, Julie peaufine ses illustrations pour un ouvrage sur le bien-être commandé par une maison d’édition parisienne. Elle aussi vient d’arriver à Rabastens en provenance de Toulouse. Elle a beaucoup bourlingué auparavant comme chargée de production avec la compagnie Royal de Luxe.

"J’avais besoin de séparer le monde de la production de celui de l’illustration. La richesse des profils que l’on trouve au Pré Vert donne une énergie commune. Il faut aider des lieux comme ici. Il y a encore beaucoup de fragilité pour lui donner de la continuité mais c’est très intéressant pour Rabastens".

... Véronique, artisan du bien-être

"À bientôt 50 ans, je fais enfin ce que j’aime". Après avoir été assistante administrative, Véronique Ponnelle a intégré le pôle bien-être du Pré Vert. Sophrologue, magnétiseuse, coach de vie, elle accueille avec un beau sourire dans sa "chambre" située à l’angle du bâtiment.

Vue sur Notre-Dame du Bourg, un rêve pour cette Rabastinoise qui cherchait un local avec une amie art-thérapeute.

"J’ai vu ce qui se faisait au Pré Vert. C’est génial de faire revivre ce lieu. ça fait plaisir de faire partie de l’aventure. J’ai commencé l’activité en octobre 2019 après avoir effectué quelques travaux. Maintenant, il faut faire un peu de communication, mais on a déjà la chance d’avoir un nom, le Pré Vert, qui est connu".

... Bruno, le scientifique

Bruno Picard est l’un des coprésidents de la Locale, mais surtout le scientifique du Pré Vert. À Rabastens depuis cinq ans, il a décidé d’y installer son bureau plutôt que de chercher un lieu à Toulouse. Il faut dire que le monsieur bouge beaucoup à travers le monde pour travailler sur l’observation de la terre. Il est spécialisé dans la vapeur d’eau et l’élévation du niveau des mers.

Si on l’a bien suivi, il est une sorte d’interface entre le monde scientifique et les agences spatiales dans ce domaine. Quand il n’est pas en déplacement, c’est dans l’ancienne chambre (où la salle de bain s’est transformée en cuisine) qu’il étudie les données satellites derrière son ordinateur, un verre de thé à la main.

Le scientifique travaille ainsi sans contrainte de temps. "Chez moi, ce serait plus difficile, il y a toujours autre chose à faire". Au Pré Vert, il partage le bureau avec Thierry, spécialisé dans le développement d’entreprise sur le web.

... Sonia, la couturière

Sonia partage elle son atelier avec Lisa, modéliste numérique. Sonia a toujours évolué en collectif. La Lisloise était curieuse de voir ce qui se passait au Pré Vert. "Ici, on a une belle visibilité".

 

Source : la Dépêche du Midi - Lire l'article en ligne ici.

Illustration ci-dessous : quelques uns des locataires du Pré-vert... à la fenêtre de leurs bureaux.



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lundi, 6 janvier 2020
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