Les vignerons bios du gaillacois passent à table

Lieu :
Vignoble gaillacois

L'association "Terres de Gaillac" regroupe une dizaine de vignerons en bio du vignoble gaillacois. Autour d'une charte qu'ils viennent d'élaborer, ils souhaitent renouveler l'image du vignoble. Et cela passe par la qualité.

Au restaurant Lou Cantoun à Cestayrols, début octobre 2017, quatre vignerons et Bertrand Denizot, caviste vauréen, sont attablés pour discuter des vins de Gaillac. Rien d'original a priori. Et pourtant. Les "5" partagent, en plus d'un bon coup de fourchette, une même approche : la valorisation des méthodes de culture et de vinification respectant le terroir, le savoir-faire, les cépages autochtones et le caractère du millésime. Au menu : la charte "Terres de Gaillac".

Création d'une charte

Depuis plusieurs mois, l'association du même nom, créée en 2005, qui regroupe une dizaine de vignerons, réfléchit à la meilleure façon de mettre en évidence la qualité de ses vins et du terroir. Elle ne se satisfait pas de l'image véhiculée par le vignoble gaillacois.

"Terre de Gaillac" a le souhait de montrer une autre facette. Communiquer sur la façon de produire des vins bios en respectant les sols, les équilibres naturels de la vigne, mettre en valeur les cépages autochtones : mauzac, loin de l'œil, ondenc, duras, braucol et prunelart. La charte stipule de privilégier les vendanges manuelles dans un but non seulement qualitatif, mais aussi social, d'utiliser les levures indigènes, de ne pas modifier les équilibres du vin et interdit l'utilisation des intrants. Une révolution à l'échelle du vignoble.

À tout seigneur, tout honneur, Bernard Plageolles ouvre le premier flacon : "Nous ne sommes pas là pour faire du volume. Nous voulons être connus pour notre qualité. Nous ne sommes pas en concurrence avec les autres producteurs de l'appellation, il y a de la place pour tout le monde, mais nous empruntons un autre chemin".

Nouvelle génération

Il constate, non sans plaisir, que dans ce chemin se sont engouffrés des femmes et des hommes, souvent des jeunes, prêts à bousculer les idées reçues et les pratiques.

En face de lui, Virginie Maignien dirige, en duo avec Patrice Lescaret, le domaine Causse-Marines, conduit en biodynamie. Des doigts de pianiste, mais des mains marquées par le travail. La touche de féminité du groupe est intarissable : "Nous faisons des cuvées de qualité dans le respect de notre terre. Cette démarche n'a rien de baba cool". Et ça marche : 80% de Causse-Marines partent à l'export.

À ses côtés, Damien Bonnet, propriétaire du domaine de Brin, appartient aussi à cette nouvelle génération. En 2008, il reprend les vignes du domaine familial. "J'ai fait mes études à Carcassonne. J'ai découvert, presque par hasard, la démarche de vignerons qui cultivaient et vinifiaient différemment". L'homme est discret, un peu timide, mais il a de la suite dans les idées. Il met en pratique sa philosophie : travail des sols, culture biologique, vendanges manuelles.

Enfin, Nicolas Lebrun préside aux destinées de l'Enclos des Braves. Il sourit et acquiesce. Un œnologue convaincu par la biodynamie : "J'ai fait le choix de travailler ainsi pour être en adéquation avec mes convictions personnelles". Une réussite : les critiques vantent la qualité de ses millésimes. "Les rapports du vigneron avec ses vignes ont une incidence sur la qualité du vin", affirme-il, avec l'approbation de ses confrères.

Le déjeuner se prolonge et la dégustation, avec modération, de quelques "jus" gaillacois, en harmonie avec leur démarche, est ponctuée d'éclats de rire, de bons mots et de joie de vivre. Transparence, authenticité, humanisme : l'association "Terres de Gaillac" mérite bien son nom. Et la table pourrait bien s'agrandir tant la démarche correspond à une demande croissante de consommateurs qui veulent boire bon et sain.

10 signataires

Samedi 4 novembre 2017, vous pourrez retrouver les vignerons de Terres de Gaillac pour une dégustation à la cave à vins L'Accord Parfait à Lavaur. Le caviste Bertrand Denizot soutient leur démarche et veut la faire connaître. Une occasion de rencontrer des vignerons de cette association. Dégustation gratuite de 12 heures à 19 heures en compagnie des domaines Plageoles, Causse Marines, Brin et Enclos des Braves.

Ils sont 10 vignerons à avoir signé la charte "Terre de Gaillac" :

 

Source : la Dépêche du Midi - Lire l'article en ligne ici.

Illustration ci-dessous : de gauche à droite, Bernard Plageolles, Bertrand Denizot, caviste, Nicolas Lebrun de l'Enclos des Braves, Damien Bonnet du Domaine Brin et Virginie Maignien de Causse Marines.



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mercredi, 11 octobre 2017
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