Les initiatives des entreprises pendant le covid : BFM

Lieu :
Graulhet

Fabricant d’outils pour la maroquinerie et d’équipements pour l’aéronautique, la société graulhétoise BFM s’engage dans la fabrication de surblouses lavables en créant mi-avril 2020 une unité de confection dédiée, signlée BFM Santé. Objectif : répondre à l’urgence sanitaire tout en contribuant à la réflexion sur un nouveau modèle productif, plus écologique et favorable à l’emploi local. Innovation, repositionnement stratégique et relocalisation industrielle..., ou quand les dirigeants s'engagent pour leur territoire !

Capacité d’adaptation, fabrication locale… La filière tarnaise du cuir aura fait montre de ses atouts pendant la crise liée au Covid-19.

Exemple avec la PME graulhétoise BFM - créée en 1982 et reprise en 2013 par Bruno Bouffier et Sébastien Saint-Georges - qui a été sur le pont dès le début du confinement.

"Lorsque certains de nos clients ont commencé à fabriquer des masques, nous avons été sollicités pour restaurer et redémarrer les machines, en les faisant passer du cuir au textile", explique Bruno Bouffier. "Puis, tandis que les professionnels de santé nous appelaient pour savoir qui fabriquaient des masques, la question des surblouses a fait son apparition, notamment du côté des dentistes qui ne savaient pas comment se réapprovisionner en vue de leur prochaine ouverture. Or, tous les fabricants étant soumis à une réquisition de leur production, on s’est dit : on a le savoir-faire et les machines, pourquoi ne pas se lancer ?".

L’atelier de confection pour l’aéronautique est alors à l’arrêt. Il est reconverti dans la fabrication de surblouses 100% françaises. Quatre salariés de l’entreprise y sont affectés et une dizaine de salariés sont embauchés en renfort.

Remplacer le jetable par le réutilisable

Très vite, le marché s’élargit aux orthésistes, infirmiers, coiffeurs même, qui préparent eux-aussi leur réouverture. BFM produit 500 surblouses par jour et vend dans la France entière.

Un site Internet est même créé pour présenter le produit sous la marque BFM santé.

Mais derrière la volonté de répondre à l’urgence, la PME poursuit un autre objectif : contribuer à la réflexion sur le fameux "monde d’après". Le but : remplacer durablement le jetable par le lavable.

"La question est de savoir si l’on va tirer des leçons de cette crise et agir en conséquence", souligne Bruno Bouffier.

"Aujourd’hui, nous vendons la surblouse lavable 20 euros pièce, mais cette surblouse se lave entre 50 et 100 fois, ce qui ramène à un prix d'usage de 20 ou 40 centimes selon le nombre de lavages, quand la blouse jetable coûte entre 30 et 40 centimes pièce. Or, on a d’un côté un produit écologique, recyclable, qui crée de l’emploi local, et de l’autre un produit qui génère des déchets et des emplois ailleurs qu’en France…".

Reste, pour l’entrepreneur, à modifier les réflexes d’achat classiques.

"Ce que je souhaite aujourd’hui, c’est trouver les bons interlocuteurs à la fois dans le secteur de la santé (hôpital, Ehpad) et dans le secteur de l’entretien des équipements médicaux pour faire émerger ensemble un modèle économique viable", dit-il. "C’est-à-dire montrer que c’est faisable et que ça marche".

 

Source : Touléco Tarn - Lire l'article en ligne ici.

Illustration ci-dessous : Sébastien Saint-Georges, Hafida Marquier (responsable division aéronautique et qualité chez BFM) et Bruno Bouffier. La PME graulhétoise compte vingt salariés et connaît une progression de son chiffre d’affaires de 10% chaque année. Il s’établissait à 2,5 millions d’euros en 2019.



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Typologie d'actualité
Entreprises Agglo Gaillac | Graulhet
Domaine
Entreprises
Date
dimanche, 7 juin 2020
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